Peindre… ! Pour Alain Bourabah, c'est toute l'expression du sacré au travers de l'intime.
Comment expliquer que devant une toile d'Alain Bourabah, s'impose à nous la surprise rare qui consiste à "entendre" une musique, qui jaillit de la toile, sans qu'on le décide, sans qu'on puisse s'en défendre, une musique qui pénètre notre silence intérieur ?
Un silence intérieur, peu à peu habité par cette musique qui se décline, de la sonate la plus intimiste à la symphonie la plus éblouissante… Musique en adéquation absolue avec l'énergie sublimée de la couleur.
Par-delà les périodes, échappant aux classifications, l'artiste nous montre que tous les motifs, issus de sa vie, de la vie, ne sont là que pour servir au renouvellement.
L'abstraction n'existe, chez Alain Bourabah, que pour faire se manifester, se révéler, les objets et les êtres, et au delà, notre intime…
Sa couleur est "outil" : outil de douceur, porteur de sérénité… Une halte de repos qui tend à l'éternité… L'espace est là, infini, et Alain Bourabah reconstitue la profondeur dans les interstices de ses pavés de couleur. Et la sonate coule en nous…
Mais sa couleur est aussi "outil" d'éblouissement, avec un surgissement de couches enfouies, à la lisière des masses géométriques colorées… La couleur est séquestrée par la fulgurance du trait… La couleur aspire à se libérer… La liberté, Alain Bourabah l'approche, l'apprivoise, en travaillant progressivement la pâte. La matière, soudain détachée de la référence au monde et du poids de la figure, acquiert une surprenante densité, une autonomie. La matière tremble, cherche à percer, elle devient vivante… Forte, bruyante, la symphonie est enfin là…